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La législation européenne, suivant la pratique administrative de la plupart des États membres de l’UE, prévoit un mécanisme administratif préalable et obligatoire permettant aux fonctionnaires européens ou au personnel temporaire de saisir la Cour générale de l’UE et de demander l’annulation des décisions contraires à leurs intérêts.  

Il s’agit de l’appel en vertu de l’article 90 du Règlement du personnel des fonctionnaires de l’UE, dont la présentation est obligatoire en tant que condition procédurale et, si elle n’est pas déposée dans les délais et les formalités, l’action en annulation qui sera ensuite déposée auprès de la Cour générale de l’UE est irrecevable.  

Le délai de sa présentation, selon l’article 90, est de trois mois à compter de la notification de la résolution ou des actes qui leur nuisent. La période dont dispose l’institution européenne pour répondre à cette demande est de 4 mois, il est entendu qu’il y a eu un silence administratif négatif si, après cette période, l’administration n’a pas répondu.  

Il est nécessaire de préciser ce que signifie le terme « défavorable » utilisé à l’article 90, car toutes les décisions de l’administration européenne ne sont pas contestables. La CJUE a précisé que les actes nuisibles sont considérés comme ceux pouvant avoir un impact direct et immédiat  sur la situation juridique du fonctionnaire concerné. De plus, il doit être prouvé que le fonctionnaire détient un intérêt existant au moment du dépôt de la demande. Notre cabinet a remporté devant la CJUE l’argument sur l’existence d’un intérêt face aux arguments de l’avocat adverse de Frontex dans l’affaire d’une plaignante qui avait quitté l’Agence lorsqu’elle a déposé l’appel mais avait commencé à travailler dans une autre institution européenne. Dans cette affaire, nous avons soutenu et prouvé qu’il existait encore un fort intérêt à porter à la fois la plainte antérieure et l’action en vertu de l’article 270 TFUE devant la Cour générale, car les rapports d’évaluation rédigés une fois par an par les supérieurs des fonctionnaires les suivent tout au long de leur carrière devant les institutions européennes, il ne serait donc pas correct de conclure qu’il n’y avait aucun intérêt au simple fait d’avoir quitté la partie Frontex.  

Les actes les plus fréquents portant atteinte au fonctionnaire dans de tels cas sont sans aucun doute des décisions relatives à la rémunération ou à la classification en grade. D’autres affaires dans lesquelles nous avons agi en tant que cabinet d’avocats devant la Cour générale sont des cas de harcèlement psychologique, traitant de la possible responsabilité de l’institution pour ne pas avoir agi dans une situation de harcèlement.  

Enfin, l’obligation de déposer un recours administratif antérieur en vertu de l’article 90 n’existe pas seulement pour les fonctionnaires mais aussi pour leurs proches qui, bien qu’ils n’aient pas le statut de fonctionnaires, sont tenus de déposer ce type d’appel car ils détiennent un droit découlant de la relation statutaire du défunt, et tout cela avant de faire appel devant la CJUE, à la fois par le biais de l’appel en vertu de l’article 270 TFUE et par la responsabilité non contractuelle (art. 340 TFUE). C’est le cas, par exemple, des membres de la famille qui réclament des pensions de survivants ou d’autres prestations reconnues dans le Règlement européen du personnel.  

Après la résolution expresse de l’administration européenne statuant sur la plainte précédente, un appel peut être interjeté devant la Cour générale dans un délai exclusif de 3 mois à compter de la notification de la décision. En cas de silence administratif, la demande a été rejetée 4 mois après sa soumission, si bien qu’à partir de cette date, la période de 3 mois pour faire appel auprès du GCEU commence à compter.  

En général, nous dirions sans aucun doute que ce type d’appel est fortement recommandé qu’il soit rédigé par un avocat spécialisé et non par le fonctionnaire lui-même, qui ne possède pas les connaissances juridiques nécessaires pour contester correctement la décision en question. En tant qu’avocats, nous avons dû relever le défi difficile de devoir corriger des allégations mal formulées lors de la phase préliminaire de plainte, qui « poursuivent » le dossier lors de la phase d’appel ultérieure devant la Cour et ne peuvent toujours être corrigées en limitant la portée et la force de l’appel judiciaire lui-même.  

Chez Navas&Cusí, nous comprenons la complexité et l’importance stratégique des recours administratifs au sein des institutions européennes. Disposer d’un accompagnement juridique adéquat dès le départ peut faire une réelle différence dans l’issue de votre dossier. Notre équipe comprend un Lawyer specialized in European Union Law. capable d’analyser votre situation et de défendre vos intérêts avec précision. Si vous êtes confronté à une procédure similaire, agir rapidement avec un soutien expert est essentiel.

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Navas & Cusí Abogados
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